
Juliana Timbó est une artiste-artisane autodidacte du bois de démolition, ancrée dans les esthétiques du sertão cearense (Backlands). Elle considère le bois comme un élément de mémoire vivante, essentiel pour raconter ses histoires. Pour elle, cet (an)archive constitue une manière de transmettre ses expériences et souvenirs, notamment ceux des années 1980 et 1990 liés à son enfance vécu à Hidrolândia, dans le sertão brésilien, au Ceará.
Toujours en dialogue avec le territoire, elle crée en 2020 la Timbó Atelier — un espace de création dédié aux pièces et objets réalisés à partir de bois de réemploi et de démolition. En étudiant le bois dans ses relations avec le temps, la mémoire et les esthétiques populaires, ses créations dépassent la simple utilité : elles deviennent des éléments d’affect. Tabourets, bancs, sculptures et autres artefacts naissent comme une extension d’un héritage familial et des expériences transmises par ce matériau qui, en lui-même, porte et conserve son propre temps. C’est de cette rencontre entre bois et mémoire que surgissent ses « objets de compagnie » — des formes qui donnent une voix poétique à cet élément, tout en préservant la sagesse qu’il contient : le temps.
C’est au 18, rue Aiocá à Salvador de Bahia — sur le Morro da Sereia — que la Timbó (une liane connue pour produire une substance utilisée par les peuples autochtones dans la pêche) s’entrelace à la mémoire, à travers les savoirs manuels et ancestraux, pour se transformer en Bois et Mémoire (Madeira e Memória).
L’atelier se situe au Morro da Sereia, dans la rue Aiocá — « AIOCÁ » vient du yoruba Àyòká, un oríkì féminin qui signifie « celle qui provoque la joie autour d’elle ». Ce nom fait référence au fond de la mer et à son immensité, et c’est l’un des noms donnés à Iemanjá. C’est ainsi que les Noirs bantous appelaient le fond de la mer.
Il évoque le royaume des terres mystérieuses du bonheur et de la liberté, une image des terres natales d’Afrique, un souvenir des jours de liberté en forêt.